﻿{"id":97,"date":"2016-08-28T22:26:26","date_gmt":"2016-08-28T21:26:26","guid":{"rendered":"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/?page_id=97"},"modified":"2021-02-14T19:02:43","modified_gmt":"2021-02-14T18:02:43","slug":"les-cathares","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/les-cathares-le-pastel\/les-cathares\/","title":{"rendered":"Les Cathares"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">LA TRAGEDIE CATHARE<br \/>\nGUERRE SAINTE<br \/>\nOU GUERRE DE CONQUETE ?<\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center;\">par Martine Planes Corbi\u00e8re<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au XIII \u00e8me si\u00e8cle, le sud de la France et plus particuli\u00e8rement la zone d\u00e9limit\u00e9e par Foix, Toulouse, Albi et B\u00e9ziers fut l&rsquo;objet d&rsquo;une guerre impitoyable qui opposa ses habitants et leurs seigneurs aux envoy\u00e9s du pape et \u00e0 ses soldats.<\/p>\n<p>Cette guerre parfois appel\u00e9e \u00ab\u00a0Croisade des Albigeois\u00a0\u00bb fut plut\u00f4t une croisade contre les Albigeois, c&rsquo;est \u00e0 dire contre les cathares. Une \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9sie\u00a0\u00bb, le catharisme s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e dans cette r\u00e9gion et finit par para\u00eetre dangereuse aux yeux de l&rsquo;Eglise romaine.<\/p>\n<p>Tout se terminera par un bain de sang et l&rsquo;int\u00e9gration du Languedoc au royaume de France. Faut-il alors parler de guerre sainte ou de guerre de conqu\u00eate ? Ce court r\u00e9sum\u00e9 appelle de nombreuses questions.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">I Le contexte<\/span><\/h2>\n<p>Pour comprendre le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements qui ont conduit \u00e0 cette trag\u00e9die, il faut avoir en t\u00eate le contexte politique, \u00e9conomique et religieux du Languedoc au XIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">1) Le r\u00e9gime f\u00e9odal<\/span><\/h3>\n<p>Il est important de conna\u00eetre les m\u00e9canismes principaux du r\u00e9gime f\u00e9odal fran\u00e7ais. On appelle r\u00e9gime f\u00e9odal le cadre dans lequel s&rsquo;inscrivent les relations entre les seigneurs. Des obligations de service et d&rsquo;ob\u00e9issance sont d\u00e9termin\u00e9es entre un vassal et son suzerain. A la t\u00eate de cette pyramide, le roi est le \u00ab\u00a0suzerain des suzerains\u00a0\u00bb, le souverain.<br \/>\nCharlemagne a g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 la coutume selon laquelle le roi remet \u00e0 ses fid\u00e8les un \u00ab\u00a0bienfait\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9fice\u00a0\u00bb, en g\u00e9n\u00e9ral une terre avec tous les droits qui y sont attach\u00e9s. Au d\u00e9part, l&rsquo;usage de cette terre \u00e9tait strictement personnel mais petit \u00e0 petit, il est devenu h\u00e9r\u00e9ditaire.<br \/>\nLe vassal re\u00e7oit symboliquement sa terre lors de la c\u00e9r\u00e9monie de \u00ab\u00a0l&rsquo;investiture\u00a0\u00bb. Cette c\u00e9r\u00e9monie est avec \u00ab\u00a0l&rsquo;hommage\u00a0\u00bb et le serment l&rsquo;un des moments essentiels des relations entre le vassal et son seigneur. Le vassal promet \u00e0 son suzerain l&rsquo;aide mat\u00e9rielle, judiciaire et militaire.<br \/>\nL&rsquo;aide militaire comprend :<br \/>\n&#8211; le service de garde : un certain nombre de jours de garde au ch\u00e2teau mais ce n&rsquo;est pas syst\u00e9matique<br \/>\n&#8211; le service de chevauch\u00e9e : services militaires de courte dur\u00e9e, une semaine, et limit\u00e9 g\u00e9ographiquement. Les vassaux n&rsquo;ont pas \u00e0 y effectuer plus de 24 h de marche. Ce service peut \u00eatre demand\u00e9 autant de fois que le seigneur le d\u00e9sire. Il tire sa raison d&rsquo;\u00eatre des guerres priv\u00e9es incessantes entre seigneurs.<br \/>\n&#8211; le service d&rsquo;Ost : c&rsquo;est le service de guerre. C&rsquo;est aussi le plus long, il ne peut \u00eatre exig\u00e9 qu&rsquo;une fois par an. Pendant la p\u00e9riode qui nous concerne, le 13\u00e8me si\u00e8cle, il est limit\u00e9 \u00e0 40 jours. Le vassal est tenu de venir \u00e0 la convocation de son suzerain, seul ou, s&rsquo;il est puissant, accompagn\u00e9 de plusieurs de ses vassaux. C&rsquo;est au nom de ce service que les chevaliers du nord et du sud vont s&rsquo;affronter.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">2) Un Languedoc en plein essor \u00e9conomique et domin\u00e9 par les comtes de Toulouse.<\/span><\/h3>\n<p>Au XIII\u00e8me si\u00e8cle, comme les autres r\u00e9gions de France, le Languedoc conna\u00eet un essor de l&rsquo;agriculture important qui va entra\u00eener le d\u00e9veloppement d&rsquo;activit\u00e9s artisanales et commerciales et permettre ainsi l&rsquo;essor urbain. Toulouse est alors la troisi\u00e8me ville d&rsquo;Europe apr\u00e8s Venise et Rome.<br \/>\nParmi les nombreux vassaux du roi de France, les Comtes de Toulouse dominent le Languedoc. Ce sont les Raimon (Raimon V, VI et VII). Leurs domaines vont de la Guyenne \u00e0 la Savoie et du Quercy aux Pyr\u00e9n\u00e9es.<br \/>\nLeurs vassaux les plus puissants sont les vicomtes de Trencavel qui poss\u00e8dent la r\u00e9gion de Carcassonne, B\u00e9ziers, Albi et Limoux et les comtes de Foix.<br \/>\nCe sont ces seigneurs qui vont s&rsquo;opposer \u00e0 Simon de Montfort et aux autres seigneurs du nord de la France.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_701\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/toulouse.jpg\" rel=\"attachment wp-att-701\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-701\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-701\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/toulouse-150x150.jpg\" alt=\"Toulouse - Le capitole. (Photo Jean-Pierre Cheval)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-701\" class=\"wp-caption-text\">Toulouse &#8211; Le capitole. (Photo Jean-Pierre Cheval)<\/p><\/div><\/td>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_682\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/albi-trencavel.jpg\" rel=\"attachment wp-att-682\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-682\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-682\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/albi-trencavel-150x150.jpg\" alt=\"Albi maison romane (Photo Jean-Claude Planes)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-682\" class=\"wp-caption-text\">Albi maison romane (Photo Jean-Claude Planes)<\/p><\/div><\/td>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_687\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/foix1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-687\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-687\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-687\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/foix1-150x150.jpg\" alt=\"La vieille ville de Foix au pied du chateau. (Photo Jean-Claude Planes)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-687\" class=\"wp-caption-text\">La vieille ville de Foix au pied du chateau. (Photo Jean-Claude Planes)<\/p><\/div><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">3) Le contexte religieux : une Eglise \u00e9loign\u00e9e des fid\u00e8les<\/span><\/h3>\n<p>Le haut clerg\u00e9 et les \u00e9v\u00eaques profitent aussi de l&rsquo;essor \u00e9conomique mais de ce fait, on leur reproche d&rsquo;\u00eatre plus pr\u00e9occup\u00e9s par l&rsquo;argent et la guerre que par leur mission pastorale.<br \/>\nLes cur\u00e9s des paroisses sont bien souvent incultes, certains ignorant m\u00eame les pri\u00e8res. Quant au d\u00e9r\u00e8glement des m\u0153urs du clerg\u00e9 , il a bien souvent \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9.<br \/>\nLes abbayes et les monast\u00e8res sont rest\u00e9s les remparts de la foi mais ils sont le plus souvent \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des populations. Leur richesse sans cesse accrue suscite des r\u00e9actions de la part de nombreux la\u00efcs. Une vingtaine de ch\u00e2teaux d\u00e9pendent par exemple de l&rsquo;abbaye audoise de Lagrasse.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XIII\u00e8me si\u00e8cle, toujours pour des raisons \u00e9conomiques, cette Eglise romaine va chercher \u00e0 retrouver ses droits de perception de la d\u00eeme que les seigneurs lui avaient usurp\u00e9s.<br \/>\nElle va aussi souhaiter imposer la primaut\u00e9 du pouvoir spirituel (celui du pape) sur le pouvoir temporel (celui des rois et de l&#8217;empereur). Elle va par exemple vouloir que les souverains ne nomment plus les \u00e9v\u00eaques et que seul un coll\u00e8ge de cardinaux puisse nommer le pape.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte que va se d\u00e9velopper le catharisme et que se d\u00e9roulera la Croisade contre les albigeois.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">II Comment d\u00e9finir le catharisme ?<\/span><\/h2>\n<p>Le catharisme peut \u00eatre d\u00e9fini par ses croyances fondamentales, son organisation, ses rites et son ampleur.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">A Les croyances fondamentales du catharisme<\/span><\/h3>\n<p>Les fondements du catharisme s&rsquo;appuient essentiellement sur deux mythes et la lecture du Nouveau Testament.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">1 ) Deux mythes de la Cr\u00e9ation, bases du dogme cathare<\/span><\/h3>\n<p>Dans la Gen\u00e8se, deux r\u00e9cits concernent la cr\u00e9ation de l&rsquo;homme et peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme bases du dogme cathare.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>1er mythe :<\/strong><\/span> A l&rsquo;origine, le P\u00e8re c\u00e9leste avait cr\u00e9e tous les esprits, toutes les \u00e2mes. Le diable entra au Paradis par ruse et leur promit terre, or et \u00e9pouses. Pendant neuf jours et neuf nuits certains esprits le suivirent jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Dieu ne bouch\u00e2t le passage avec son pied. A terre, pour les emp\u00eacher de retrouver le bonheur perdu, le diable leur fit des tuniques de chair d&rsquo;o\u00f9 il ne purent plus sortir. Les \u00e2mes \u00e9taient prisonni\u00e8res.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">2\u00e8me mythe :<\/span><\/strong> Le diable fit des corps mais ils ne pouvaient pas se mouvoir. Il recourut \u00e0 Dieu qui accepta de l&rsquo;aider \u00e0 condition qu&rsquo;il accepta que tout ce qu&rsquo;il mettrait \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur pour les animer lui appartienne. Depuis ce jour, les \u00e2mes sont \u00e0 Dieu, les corps au diable. Mais les \u00e2mes oublient ce qu&rsquo;elles avaient eu au ciel et ne veulent pas quitter les corps.<\/p>\n<p>De ces deux mythes, il est possible de faire d\u00e9couler les fondements de l &lsquo;Eglise cathare. Nous avons retenu quatre principes fondamentaux. \u00a8<br \/>\n&gt; Le Christ , envoy\u00e9 de Dieu, est venu pour rappeler aux \u00e2mes leur patrie d&rsquo;origine : le catharisme est donc une religion du salut et non du rachat. Il n&rsquo;y a alors ni enfer ni purgatoire.<br \/>\n\u00a0\u00bb Ce n&rsquo;est pas pour racheter la faute originelle par sa mort sur la croix que le fils de Dieu est venu sur terre mais pour apprendre aux hommes le geste lib\u00e9rateur le consolamentum, bapt\u00eame par imposition des mains. \u00a0\u00bb<br \/>\n&gt;Le diable, incapable par nature de s&rsquo;approprier les esprits, ne put que retarder l&rsquo;\u00e9vasion des hommes vers leur patrie c\u00e9leste qu&rsquo;en cr\u00e9ant un m\u00e9canisme : la reproduction. Elle seule \u00e9vite au monde mauvais de se retrouver vide. Toute chair n\u00e9e d&rsquo;un acte sexuel est donc impure puisqu&rsquo;elle est l&rsquo;\u0153uvre du diable.<br \/>\n&gt; Il est possible qu&rsquo;une \u00e2me n&rsquo;ait pu \u00eatre sauv\u00e9e par le bapt\u00eame des mains. Elle reviendra alors sur terre, soit dans une forme humaine soit dans une forme animale. L&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 sociale se trouvait ainsi mise \u00e0 mal. Un roi avait pu \u00eatre paysan dans une vie ant\u00e9rieure !<br \/>\n&gt; Le dernier principe d\u00e9coule de ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 : c&rsquo;est le dualisme. Le monde rel\u00e8verait de deux principes, celui du bien et celui du mal. Dieu est bon et tout puissant, donc tout doit \u00eatre beau. Or, ce n&rsquo;est pas le cas, donc Dieu est bon mais pas tout-puissant. Il existe donc un Dieu du bien et un principe du mal. A Dieu appartiennent les choses spirituelles, \u00e0 Satan les choses mat\u00e9rielles. C&rsquo;est selon ce dernier principe que les cathares n&rsquo;accorderont aucune d\u00e9votion \u00e0 la croix et que son symbole sera m\u00eame \u00e9vacu\u00e9.<\/p>\n<p>Ce dualisme a pu faire penser \u00e0 certains auteurs que l&rsquo;origine du catharisme se trouvait en Asie. Il n&rsquo;en est rien. Quelles sont alors ses sources ?<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">2) Les sources du catharisme : au c\u0153ur m\u00eame du christianisme<\/span><\/h3>\n<p>Les sources du catharisme ne sont pas lointaines, elles s&rsquo;inscrivent dans un mouvement de pens\u00e9e du XI\u00e8me si\u00e8cle fond\u00e9 sur une volont\u00e9 de retour \u00e0 un christianisme primitif.<br \/>\nLes cathares appuient leur foi sur le Nouveau Testament et les Evangiles de Saint-Paul mais surtout de Saint-Jean.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><span style=\"color: #800000;\">Les cathares sont bien des chr\u00e9tiens.<\/span><\/em><\/p>\n<p>Eux-m\u00eames se nomment d&rsquo;ailleurs Ap\u00f4tres, pauvres du Christ, Chr\u00e9tiens ou bons Chr\u00e9tiens.<br \/>\nIls ont bien pour envoy\u00e9 le christ venu les sauver mais ils ne sont pas en conformit\u00e9 avec la r\u00e8gle unique de Rome.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800000;\"><em>Ce sont donc des \u00a0\u00bb h\u00e9r\u00e9tiques \u00ab\u00a0.<\/em><\/span><\/p>\n<p>Au milieu du XI\u00e8me si\u00e8cle, leur expansion est \u00e9tonnante, de l&rsquo;Asie Mineure \u00e0 l&rsquo;Atlantique et s&rsquo;il n&rsquo;existe pas vraiment de liens entre ces \u00a0\u00bb h\u00e9r\u00e9tiques \u00ab\u00a0, l&rsquo;organisation de leur Eglise et leurs rites pr\u00e9sentent bien des similitudes.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">B L&rsquo;organisation et les rites cathares<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">1) La hi\u00e9rarchie de l&rsquo;Eglise cathare<\/span><\/h3>\n<p>&#8211; A la t\u00eate de territoires englobant une ville et des environs plus ou moins \u00e9loign\u00e9s, on trouve un \u00e9v\u00eaque. C&rsquo;est un dignitaire de l&rsquo;Eglise cathare qui, par son anciennet\u00e9 a fait ses preuves, mais il reste un membre de l&rsquo;Eglise comme les autres.<br \/>\n&#8211; Les diacres sont d&rsquo;autres \u00ab\u00a0Bons Chr\u00e9tiens\u00a0\u00bb mais ils sont charg\u00e9s d&rsquo;assurer la discipline sur des territoires plus restreints.<br \/>\n&#8211; On trouve ensuite tous les autres \u00ab\u00a0Bons Chr\u00e9tiens et Bonnes Chr\u00e9tiennes\u00a0\u00bb. Tous, m\u00eame les femmes, peuvent donner le bapt\u00eame par imposition des mains \u00e0 l&rsquo;ensemble des fid\u00e8les.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les Bons Chr\u00e9tiens : des appellations diverses :<\/span><\/strong><br \/>\nEn fait, comme le fait remarquer Anne Brenon, aucun terme ne leur convient vraiment. Eux-m\u00eames se disaient <strong>ap\u00f4tres<\/strong>, <strong>pauvres du Christ<\/strong> ou <strong>bons chr\u00e9tiens<\/strong> et les croyants du Languedoc les appelaient \u00ab\u00a0<strong>bonshommes<\/strong> ou <strong>bonnes femmes<\/strong>\u00ab\u00a0.<br \/>\nLeurs adversaires leur donn\u00e8rent d&rsquo;autres noms, selon des habitudes locales. En Flandre, on les appela \u00ab\u00a0<strong>Piphles<\/strong>\u00ab\u00a0, (origine incertaine, peut-\u00eatre synonyme de glouton, piffre) en Bulgarie des <strong>Bougres<\/strong> tout comme en France du Nord qui utilisa \u00e9galement le vocable de \u00ab\u00a0<strong>tisserands<\/strong>\u00a0\u00bb et en Italie des \u00ab\u00a0<strong>Patarins<\/strong>\u00a0\u00bb (loqueteux). Le terme h\u00e9r\u00e9tiques, naturellement employ\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, prit dans le Midi de la France, d\u00e8s la fin du XII\u00e8me, le sens exclusif de cathare et on l&#8217;employa par opposition \u00e0 Vaudois. Quant \u00e0 celui d&rsquo;Albigeois, c&rsquo;est une terminologie des pays d&rsquo;O\u00efl. Apparu \u00e9galement \u00e0 la fin du XII\u00e8me si\u00e8cle, il fut r\u00e9pandu par les moines cisterciens. Ce mot s&rsquo;\u00e9tait certainement impos\u00e9 en raison d&rsquo;une part de la place faite \u00e0 la r\u00e9gion d&rsquo;Albi dans les rapports au pape de Saint-Bernard lors de son passage dans la r\u00e9gion, d&rsquo;autre part par la tol\u00e9rance ouverte de Trencavel, vicomte d&rsquo;Albi, \u00e0 la diff\u00e9rence de Raymond V, comte de Toulouse. C&rsquo;est seulement au XIX\u00e8me si\u00e8cle que l&rsquo;expression \u00ab\u00a0Albigeois\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par le terme \u00ab\u00a0cathare\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quelle que soit leur appellation, le bapt\u00eame par imposition des mains : le consolament(um) est un de leurs points communs.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">2) Un seul sacrement : le consolament(um)<\/span><\/h3>\n<p>Le consolament est le rite fondamental des cathares et leur seul sacrement. Il vaut bapt\u00eame, ordination et extr\u00eame-onction.<br \/>\nLes cathares refusent en effet le bapt\u00eame traditionnel car d&rsquo;une part, ceux qui le re\u00e7oivent ne comprennent pas ce qu&rsquo;ils font, d&rsquo;autre part, ceux qui le donnent ne sont pas purs.<br \/>\nLes futurs Parfaits et les futures Parfaites le re\u00e7oivent \u00e0 la fin de l&rsquo;adolescence, apr\u00e8s une p\u00e9riode d&rsquo;enseignement qui peut durer d&rsquo;un \u00e0 trois ans . Le simple croyant le re\u00e7oit \u00e0 la fin de ses jours. Les adversaires du catharisme voyaient l\u00e0 un salut \u00ab\u00a0\u00e0 bon march\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nLa masse des croyants ne suivait pas tous les rites cathares. Dans les faits, le seul lien qui les reliait \u00e0 eux \u00e9tait le \u00ab\u00a0<strong>melioramentum<\/strong>\u00ab\u00a0, geste de respect comportant abaissement, pri\u00e8re et baiser faits par les croyants chaque fois qu&rsquo;ils rencontraient un Parfait.<br \/>\nLe \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb qui, par le consolamentum, p\u00e9n\u00e8tre le nouveau Parfait l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 adopter des comportements alimentaires particuliers.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">3) L&rsquo;alimentation<\/span><\/h3>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Pour ce qui est des nourritures<\/span> spirituelles, les h\u00e9r\u00e9tiques refusent l&rsquo;Eucharistie. J\u00e9sus, par nature n&rsquo;\u00e9tant pas un \u00eatre de chair. Pour ce qui est de leur alimentation, les cathares ne mangent pas de viandes, pas d&rsquo;\u0153ufs, pas de laitages et pas de fromages. Les animaux, exception faite des poissons qui n&rsquo;\u00e9taient pas consid\u00e9r\u00e9s comme tels, ne peuvent \u00eatre consomm\u00e9s pour deux raisons :<br \/>\n&#8211; pour les consommer, il faut tuer leur \u00e2me, ce qui est un geste grave.<br \/>\n&#8211; tous sont le r\u00e9sultat d&rsquo;un accouplement, ils sont donc impurs et impropres \u00e0 la consommation.<\/p>\n<p>Si les cathares refusent la nourriture carn\u00e9e, leur attitude est la m\u00eame envers le contact charnel. Ils refusent cat\u00e9goriquement le mariage car, disent-ils, celui-ci m\u00e8ne directement \u00e0 la fornication, p\u00e9ch\u00e9 supr\u00eame. D&rsquo;ailleurs, dans ce pacte malsain, le cur\u00e9 tient ni plus ni moins le r\u00f4le d&rsquo;entremetteur, de prox\u00e9n\u00e8te. Pour entrer dans l&rsquo;\u00c9glise, le croyant doit donc d&rsquo;abord se d\u00e9lier de toute attache matrimoniale.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9glise cathare est, pour ce qui est des car\u00eames, plus stricte que la romaine. Trois par an, pendant quarante jours, de m\u00eame que tous les lundi, mercredi et vendredi, les parfaits se contentent de pain et d&rsquo;eau. Par contre, jamais ils ne se priveront de vin ! mais ils l&rsquo;allongeaient avec de l&rsquo;eau.<br \/>\nOn pourrait voir dans ces pratiques une abstinence alimentaire mais il semble qu&rsquo;il s&rsquo;agisse plus de v\u00e9ritable d\u00e9go\u00fbt que de privation.<\/p>\n<p>D\u00e8s la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XII\u00e8me si\u00e8cle, le catharisme est bien implant\u00e9 en Languedoc. Quelle furent les raisons d&rsquo;une implantation aussi localis\u00e9e ?<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\">C L&rsquo;Ampleur du catharisme<\/span><\/h3>\n<p>On a souvent parl\u00e9 d&rsquo;un esprit de tol\u00e9rance plus important qu&rsquo;ailleurs, d&rsquo;une r\u00e9action face aux richesses du clerg\u00e9 et au d\u00e9r\u00e8glement de ses m\u0153urs pour expliquer son ampleur. Mais si le catharisme est une religion aussi attirante, c&rsquo;est \u00e9galement pour des raisons \u00e9conomiques et parce qu&rsquo;elle sait \u00eatre proche de tous.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">1) Les raisons du d\u00e9veloppement<\/span><\/h3>\n<p>&#8211; Pour Jean-Louis Biget, historien albigeois, c&rsquo;est la mis\u00e8re qui explique l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie des petits seigneurs qui ont du mal \u00e0 tenir leur rang. Les petits chevaliers occitans sont appauvris par l&rsquo;\u00e9miettement de leurs biens partag\u00e9s en l&rsquo;absence de droit d&rsquo;a\u00eenesse, ce qui explique bon nombre de co-seigneuries. C&rsquo;est aussi l&rsquo;heure o\u00f9 les pr\u00e9lats de la r\u00e9forme gr\u00e9gorienne les somment de restituer les d\u00eemes paroissiales usurp\u00e9es tout au long du XI\u00e8me si\u00e8cle. Pour ces raisons, ces seigneurs ouvrent volontiers les portes de leurs bourgs aux Bonshommes cathares. Eux n&rsquo;exigent aucun imp\u00f4t de leurs fid\u00e8les puisqu&rsquo;ils travaillent de leurs propres mains pour vivre.<br \/>\n&#8211; La bourgeoisie, nouvelle classe montante, avait elle aussi des int\u00e9r\u00eats certains \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer le christianisme qui lui garantissait le Salut sans lui interdire le maniement de l&rsquo;argent, c&rsquo;est \u00e0 dire celui que pr\u00eachaient les Bonshommes et les Bonnes Femmes. Elle craignait aussi que les nouveaux occupants fran\u00e7ais n&rsquo;amoindrissent leurs libert\u00e9s si p\u00e9niblement conquises.<br \/>\n&#8211; Quant aux classes populaires, urbaines et surtout rurales, elles n&rsquo;adh\u00e9r\u00e8rent au catharisme qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;aristocratie et les \u00e9lites locales.<br \/>\n&#8211; Les classes paysannes ne furent gagn\u00e9es par l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie que tr\u00e8s lentement. L&rsquo;adh\u00e9sion des familles \u00e9tait largement fonction de celles des familles seigneuriales de leur terroir. Mais par contre, elles la maintinrent et la d\u00e9fendirent, seules, \u00e0 la fin de son histoire, fin 13\u00e8me, d\u00e9but 14\u00e8me.<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 de cette attirance d&rsquo;ordre purement \u00e9conomique, le catharisme est aussi appr\u00e9ci\u00e9 des populations car c&rsquo;est une religion proche de ses fid\u00e8les.<br \/>\n&#8211; Les pr\u00eaches se font en langue occitane et non en latin et les Parfaits et Parfaites vivent au c\u0153ur m\u00eame des villages, l\u00e0 se trouvent leurs ateliers car la plupart ont des activit\u00e9s manuelles. Ils gardent ainsi des contacts avec leur famille mais aussi avec les croyants.<br \/>\n&#8211; Pri\u00e8res et pr\u00eaches peuvent \u00eatre pratiqu\u00e9s n&rsquo;importe o\u00f9 : dans les bois, les ch\u00e2teaux ou les maisons des auditeurs. Le catharisme est une religion sans \u00e9glise.<\/p>\n<p>Pour toutes ces raisons, l&rsquo;Eglise cathare se d\u00e9veloppa en Languedoc au point qu&rsquo;elle dut s&rsquo;organiser, se structurer.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">2) La structuration<\/span><\/h3>\n<p>En 1167, dans la petite ville de Saint-F\u00e9lix de Lauragais se tient une r\u00e9union qui sera d&rsquo;une importance fondamentale pour la jeune \u00c9glise cathare. Un chef religieux h\u00e9r\u00e9tique, Nic\u00e9tas, venu d&rsquo;Orient, de Constantinople, est venu organiser quatre nouvelles \u00c9glises cathares en Europe, une en Lombardie, les trois autres en Occitanie. Pour ce qui nous int\u00e9resse, viennent donc s&rsquo;ajouter \u00e0 l&rsquo;\u00c9v\u00each\u00e9 d&rsquo;Albi d\u00e9j\u00e0 institu\u00e9 ceux de <strong>Carcassonne<\/strong>, de <strong>Toulouse<\/strong> et d&rsquo;<strong>Agen<\/strong>.<br \/>\nChaque nouvelle \u00c9glise avait besoin d&rsquo;un chef, d&rsquo;un dignitaire. On choisit donc \u00e0 l&rsquo;occasion de la r\u00e9union quatre cathares qui, des mains de Nic\u00e9tas, devinrent des \u00ab\u00a0Bons Hommes\u00a0\u00bb. Ils furent ordonn\u00e9s afin de pouvoir remplir les fonctions sup\u00e9rieures d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque.<\/p>\n<p>Le Catharisme, par sa hi\u00e9rarchie, ses rites mais surtout par l&rsquo;attitude sociale de son clerg\u00e9 finit par constituer une menace pour l&rsquo;ordre \u00e9tabli. L&rsquo;attitude tol\u00e9rante et pacifique de la grande noblesse occitane, le vicomte Trencavel, le comte de Toulouse et de celui de Foix, fut un facteur de diffusion important. C&rsquo;est \u00e0 ce titre que l&rsquo;Eglise de Rome va \u00eatre appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9agir. Apr\u00e8s le temps des missionnaires pacifiques, la papaut\u00e9 appellera \u00e0 la croisade pour lutter contre une noblesse occitane protectrice de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie puis elle instituera l&rsquo;Inquisition.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">III Les r\u00e9actions de l&rsquo;Eglise de Rome<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Missionnaires, Croisade et Inquisition<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les cathares \u00e9taient donc des chr\u00e9tiens qui s&rsquo;opposaient \u00e0 l&rsquo;Eglise officielle, celle de Rome. Ils vont payer cher leur d\u00e9fi \u00e0 cette puissance. L&rsquo;Eglise r\u00e9agit d&rsquo;abord pacifiquement en envoyant des missions d&rsquo;observation et de discussion.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">1) Le temps des missionnaires pacifiques<\/span><\/h3>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Moines de Clairvaux<\/strong><\/span><br \/>\nDepuis longtemps, l&rsquo;Eglise s&rsquo;\u00e9tait \u00e9mue des progr\u00e8s du Catharisme. Envoy\u00e9 par le pape, Bernard de Clairvaux (le futur Saint-Bernard), en 1147, avait jet\u00e9 un premier cri d&rsquo;alarme. Au cours de sa mission, cet abb\u00e9 qui cherchait \u00e0 combattre le catharisme par la pr\u00e9dication, n&rsquo;avait pu se faire entendre .<\/p>\n<p>Plus tard, Henri de Clairvaux, son successeur, participa \u00e0 une mission dans le Midi en compagnie d&rsquo;autres l\u00e9gats . Raymond V n&rsquo;accorda \u00e0 cette d\u00e9l\u00e9gation qu&rsquo;une protection discr\u00e8te, car les Toulousains \u00e9taient d\u00e9cha\u00een\u00e9s contre eux et les traitaient d&rsquo;hypocrites. Henri de Clairvaux se consolera de cette p\u00e9nible r\u00e9ception en disant que venus \u00e0 Toulouse, ils n&rsquo;avaient pas trouv\u00e9 un seul catholique pour les \u00e9couter.<\/p>\n<p>En 1165, se tint pr\u00e8s d&rsquo;Albi le c\u00e9l\u00e8bre colloque de Lombers. Les Cathares ne craignaient pas de discuter publiquement. Le pape Innocent III, qui voyait parfaitement la situation, insistait dans ses instructions aux l\u00e9gats sur la n\u00e9cessit\u00e9 de regagner le peuple. Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec des deux pr\u00e9dicateurs, il en revint au plan qu&rsquo;avait eu auparavant Saint Bernard : combattre l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie par la pr\u00e9dication.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Saint -Dominique<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_700\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/stdominique.jpg\" rel=\"attachment wp-att-700\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-700\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-700\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/stdominique-150x150.jpg\" alt=\"St Dominique. (Photo Jean-Claude Planes)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-700\" class=\"wp-caption-text\">St Dominique. (Photo Jean-Claude Planes)<\/p><\/div>\n<p>L&rsquo;ultime effort, le plus important aussi, fut celui du moine Saint-Dominique. Lors d&rsquo;une mission , il avait constat\u00e9 l&rsquo;ampleur du catharisme en Languedoc. Apr\u00e8s avoir analys\u00e9 les causes de l&rsquo;adh\u00e9sion des populations \u00e0 l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie, il d\u00e9cida de les convertir par la pr\u00e9dication et surtout par l&rsquo;exemple. Il adopta donc un mode de vie proche de celui des Bonshommes.<br \/>\nIl s&rsquo;installa \u00e0 Fanjeaux, en pleine terre cathare, fonda en 1206 le monast\u00e8re de Prouille pour abriter des Parfaites reconverties et ne cessa de poursuivre ses pr\u00e9dications. En 1215, il groupa quelques missionnaires et fonda une communaut\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 mener une vie simple, itin\u00e9rante et non repli\u00e9e dans un monast\u00e8re, vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;enseignement. C&rsquo;est le point de d\u00e9part de l&rsquo;ordre des Dominicains officialis\u00e9 en 1216<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Les controverses<\/strong><\/span><br \/>\nLa p\u00e9riode est marqu\u00e9e par de longues controverses rassemblant cathares et catholiques, chaque partie exposant ses arguments devant une masse de fid\u00e8les et de \u00a0\u00bb juges \u00a0\u00bb charg\u00e9s de nommer celle qui avait le mieux argument\u00e9 ses th\u00e8ses. La controverse de Montr\u00e9al est rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre. Elle aurait dur\u00e9 plus d&rsquo;une semaine au terme de laquelle les juges ne purent d\u00e9partager les deux camps.<\/p>\n<p>Un \u00e9v\u00e9nement allait mettre fin \u00e0 cette p\u00e9riode pacifique et d\u00e9clencher la croisade.<\/p>\n<p>En 1208, Pierre de Castelnau, abb\u00e9 de Fonfroide, un des repr\u00e9sentants que le pape Innocent III avait envoy\u00e9 \u00e0 la rencontre de Raymond VI, fut assassin\u00e9. On ignore si le comte de Toulouse, Raimond VI, sympathisant cathare, \u00e9tait coupable ou pas. Peu importe, la r\u00e9plique de Rome allait \u00eatre s\u00e9v\u00e8re : le pape en appela \u00e0 la croisade. Deux \u00e9tapes peuvent \u00eatre per\u00e7ues, la croisade du pape et celle du roi.<\/p>\n<div id=\"attachment_689\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/fontfroide.jpg\" rel=\"attachment wp-att-689\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-689\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-689\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/fontfroide-150x150.jpg\" alt=\"Abbaye de Fontfroide. (Photo Martine Planes Corbiere)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-689\" class=\"wp-caption-text\">Abbaye de Fontfroide. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">2) La 1\u00e8re croisade : celle du pape<\/span><\/h3>\n<p>Au printemps 1209, le pape Innocent III appela \u00e0 la croisade mais le roi de France, Philippe Auguste, lui r\u00e9pondit s\u00e8chement que c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 lui de d\u00e9cider d&rsquo;exposer en proie \u00e0 la croisade les terres de son vassal et cousin. Il interdit \u00e0 ses vassaux d&rsquo;y participer mais finit par c\u00e9der , harcel\u00e9 par ceux que tentaient une croisade facile et des profits possibles. C&rsquo;est donc au printemps 1209 que la grande arm\u00e9e s&rsquo;\u00e9branla vers le Midi sous le commandement du l\u00e9gat du pape, Arnaud Armaury.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Les conqu\u00eates faciles des crois\u00e9s (1209-1213)<\/span><\/strong><br \/>\nAu cours des quatre premi\u00e8res ann\u00e9es de la croisade, les victoires furent faciles pour les crois\u00e9s.<\/p>\n<div align=\"center\"><span style=\"font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;\"><b><span style=\"color: #0000ff; font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><i><\/i><\/b><\/span><\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_683\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/beziers.jpg\" rel=\"attachment wp-att-683\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-683\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-683\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/beziers-150x150.jpg\" alt=\"B\u00e9ziers : les crois\u00e9s entr\u00e8rent dans la ville par ce vieux pont. (Photo Martine Planes Corbiere)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-683\" class=\"wp-caption-text\">B\u00e9ziers : les crois\u00e9s entr\u00e8rent dans la ville par ce vieux pont. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div><\/td>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_684\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/carcassonne1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-684\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-684\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-684\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/carcassonne1-150x150.jpg\" alt=\"Les remparts de Carcassonne. (Photo Jean-Pierre Cheval)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-684\" class=\"wp-caption-text\">Les remparts de Carcassonne. (Photo Jean-Pierre Cheval)<\/p><\/div><\/td>\n<td>\n<p><div id=\"attachment_690\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lastours.jpg\" rel=\"attachment wp-att-690\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-690\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-690\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lastours-150x150.jpg\" alt=\"Chateau de Lastours (Cabaret) (Photo Martine Planes Corbiere)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-690\" class=\"wp-caption-text\">Chateau de Lastours (Cabaret) (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En juillet et ao\u00fbt 1209, B\u00e9ziers et Carcassonne tomb\u00e8rent. Simon de Montfort devint chef militaire de la croisade et vicomte de Carcassonne, Albi et B\u00e9ziers.<br \/>\nAvant la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, le domaine des Trencavel, Montr\u00e9al, Fanjeaux, Laurac, Saissac, Castres et le sud albigeois \u00e9taient pratiquement soumis. Parfaits et croyants avaient fui vers Toulouse, Mirepoix, Monts\u00e9gur ou plus localement vers les citadelles vassales de Trencavel encore debout : Minerve, Termes et Cabaret.<\/p>\n<p>Au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1210, Minerve et Termes tomb\u00e8rent et le seigneur de Cabaret n\u00e9gocia.<\/p>\n<div id=\"attachment_694\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/minerve1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-694\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-694\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-694\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/minerve1-150x150.jpg\" alt=\"Minerve. (Photo Martine Planes Corbiere)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-694\" class=\"wp-caption-text\">Minerve. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div>\n<p>Le 3\u00e8me \u00e9t\u00e9, celui de 1211, la croisade se passa dans le Toulousain.<br \/>\n&#8211; Lavaur fut la premi\u00e8re cible, 400 Parfaits p\u00e9rirent au b\u00fbcher et Dame Guiraude jet\u00e9e vivante dans un puits et tu\u00e9e par des jets de pierre.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;id\u00e9e du si\u00e8ge de Toulouse \u00e9cart\u00e9e, les forces des Comtes de Toulouse et de Foix \u00e9loign\u00e8rent un temps les crois\u00e9s vers le Quercy et l&rsquo;Agenais.<\/p>\n<p>1213 fut une ann\u00e9e d\u00e9cisive. A l&rsquo;appel des Toulousains, Pierre II d&rsquo;aragon, comte de Barcelone vint aider les seigneurs du Midi mais le 13 septembre 1213, \u00e0 Muret, au sud de Toulouse, la croisade triomphait d&rsquo;une arm\u00e9e pourtant sup\u00e9rieure en nombre. Pierre II y trouva la mort.<\/p>\n<p>Une p\u00e9riode d&rsquo;espoir allait cependant rena\u00eetre du c\u00f4t\u00e9 des cathares entre 1216 et 1224.<\/p>\n<div id=\"attachment_692\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lavaur-stele.jpg\" rel=\"attachment wp-att-692\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-692\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-692\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lavaur-stele-150x150.jpg\" alt=\"Lavaur - St\u00e8le en souvenir des victimes du bucher. (Photo Martine Planes Corbiere)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-692\" class=\"wp-caption-text\">Lavaur &#8211; St\u00e8le en souvenir des victimes du bucher. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_691\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lavaur-puits.jpg\" rel=\"attachment wp-att-691\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-691\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-691\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/lavaur-puits-150x150.jpg\" alt=\"Lavaur - Puits o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e Dame Guiraude. (Photo Martine Planes Corbiere) \" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-691\" class=\"wp-caption-text\">Lavaur &#8211; Puits o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e Dame Guiraude. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;espoir rena\u00eet chez les Cathares<\/span><\/strong><br \/>\nEn 1216, pendant que Simon de Montfort s&rsquo;incline devant le roi de France qui a fini par accepter son hommage, le futur Raimon VII reprend Beaucaire en Provence et Toulouse se soul\u00e8ve contre les crois\u00e9s.<br \/>\nEn 1217, aid\u00e9 par le soul\u00e8vement populaire, Raymond VI reprend sa ville. Apr\u00e8s dix mois de si\u00e8ge, Simon de Montfort est tu\u00e9 \u00e0 Toulouse le 25 juin 1218 par une catapulte actionn\u00e9e dit-on par les femmes.<br \/>\nA partir de 1218, un apr\u00e8s l&rsquo;autre, ch\u00e2teaux et bourgs retrouvent leurs anciens possesseurs.<br \/>\nEn 1224, le fils de Simon de Montfort, d\u00e9courag\u00e9, c\u00e8de tous ses droits m\u00e9ridionaux au nouveau roi de France, Louis VIII .<\/p>\n<p>La suite des \u00e9v\u00e9nements allait desservir la cause du Languedoc. En 1226, le roi Louis VIII, d\u00e9cide d&rsquo;en finir avec les Albigeois. Il engagea contre eux une nouvelle croisade que le pape avait fini par approuver.<\/p>\n<div id=\"attachment_699\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/simonmonfort.jpg\" rel=\"attachment wp-att-699\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-699\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-699\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/simonmonfort-150x150.jpg\" alt=\"Toulouse - Plaque comm\u00e9morative de la mort de Simon de Montfort (mur du th\u00e9\u00e2tre Sorano). (Photo Jean-Pierre Cheval) \" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-699\" class=\"wp-caption-text\">Toulouse &#8211; Plaque comm\u00e9morative de la mort de Simon de Montfort (mur du th\u00e9\u00e2tre Sorano).<br \/>(Photo Jean-Pierre Cheval)<\/p><\/div>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">3) La 2\u00e8me croisade : celle du roi<\/span><\/h3>\n<p>La croisade du roi ne dura qu&rsquo;une ann\u00e9e. Malade, le roi mourut le 26 novembre 1226 sur le chemin du retour.<br \/>\nApr\u00e8s 3 mois de si\u00e8ge, il avait r\u00e9ussi \u00e0 s&#8217;emparer d&rsquo;Avignon et la \u00ab\u00a0personnalit\u00e9 royale\u00a0\u00bb eut raison des volont\u00e9s de r\u00e9sistance de certains seigneurs. Le royaume de France s&rsquo;en trouva agrandi. Louis VIII eut cependant le temps de mettre en place dans le domaine des Trencavel une administration royale et Carcassonne vit l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une s\u00e9n\u00e9chauss\u00e9e.<br \/>\nApr\u00e8s la mort du roi, la r\u00e9gente Blanche de Castille eut \u00e0 faire face \u00e0 la fronde des grands seigneurs de France. Les troupes royales pr\u00e9sentes sur le terrain occitan eurent beaucoup de mal \u00e0 contenir les arm\u00e9es m\u00e9ridionales. Aussi, au printemps 1227, Raimon VII et ses alli\u00e9s avaient repris plusieurs places fortes aux Fran\u00e7ais. On sait peu de choses sur cette gu\u00e9rilla si ce n&rsquo;est qu&rsquo;elle cessa brusquement en 1229 par une d\u00e9cision du pape Gr\u00e9goire IX.<br \/>\nGr\u00e9goire IX poussait d\u00e9sormais \u00e0 la paix et sugg\u00e9rait m\u00eame le mariage entre le plus jeune fr\u00e8re du roi, Alphonse de Poitiers et la fille unique de Raimon VII, Jeanne de Toulouse.<br \/>\nLe comte de Toulouse n&rsquo;eut pas d&rsquo;autre choix que celui d&rsquo;accepter le 12 avril 1229 les textes du trait\u00e9 de Paris par lesquels il s&rsquo;engageait \u00e0 :<br \/>\n&#8211; poursuivre l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie<br \/>\n&#8211; permettre l&rsquo;installation du Tribunal de l&rsquo;Inquisition sur ses terres mais surtout<br \/>\n&#8211; il \u00e9tait d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une partie de ses biens<br \/>\n&#8211; il abandonnait sa fille \u00e0 la Cour de France pour qu&rsquo;elle \u00e9pouse le plus jeune fr\u00e8re du roi.<\/p>\n<p>Le m\u00e9canisme du rattachement du Languedoc \u00e0 la France \u00e9tait en marche. De religieuse, la guerre devenait politique.<br \/>\nBons Hommes et Bonnes Femmes venaient surtout de perdre leurs soutiens. Ils allaient alors se r\u00e9organiser rapidement et conna\u00eetre la clandestinit\u00e9 avec la complicit\u00e9 des populations et la protection des faydits arm\u00e9s.<\/p>\n<p>Le comte de Toulouse chercha encore des moyens pour \u00e9chapper au trait\u00e9 de Paris mais l\u00e0 encore, il allait conna\u00eetre l&rsquo;\u00e9chec, le dernier.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">4) le dernier \u00e9chec du comte Raimon VII<\/span><\/h3>\n<p>Fin mai 1242, un commando de faydits partit de Monts\u00e9gur pour Avignonnet o\u00f9 deux inquisiteurs allaient \u00eatre assassin\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait le signal du soul\u00e8vement du Languedoc. Apr\u00e8s cet acte symbolique, les populations se soulev\u00e8rent et aid\u00e8rent \u00e0 la reprise de Carcassonne et de Narbonne.<br \/>\nMalgr\u00e9 la coalition organis\u00e9e par Raymond VII, ses alli\u00e9s, parmi lesquels le roi d&rsquo;Angleterre et le comte de la Marche, l&rsquo;abandonn\u00e8rent. C&rsquo;\u00e9tait le dernier \u00e9chec de Raymond VII qui se trouvait isol\u00e9.<\/p>\n<p>En janvier 1243, Raymond VII devait signer \u00e0 Lorris une nouvelle soumission \u00e0 la reine Blanche de Castille. L\u00e0, il reconnaissait l&rsquo;autorit\u00e9 du roi et promettait de laisser libre cours aux proc\u00e9dures inquisitoriales \u00e0 travers ses \u00e9tats. Il s&rsquo;engageait \u00e9galement \u00e0 assi\u00e9ger Monts\u00e9gur, ce qu&rsquo;il fit semblant de faire.<\/p>\n<p>La royaut\u00e9 fran\u00e7aise d\u00e9cida alors de d\u00e9capiter \u00e0 sa place ce \u00ab\u00a0castrum \u00a0\u00bb o\u00f9 faydits et Parfaits avaient trouv\u00e9 refuge. Apr\u00e8s 10 mois de si\u00e8ge, le 16 mars 1244, 225 Parfaits et Parfaites allaient \u00eatre conduits au b\u00fbcher.<\/p>\n<p>La chute de Monts\u00e9gur portait un coup fatal \u00e0 l&rsquo;Eglise cathare du Languedoc car de nombreux Parfaits avaient trouv\u00e9 l\u00e0 un refuge qui paraissait bien imprenable. Le b\u00fbcher de Monts\u00e9gur est devenu le symbole de la r\u00e9sistance du Languedoc cathare m\u00eame si Qu\u00e9ribus, derni\u00e8re \u00ab\u00a0citadelle du vertige\u00a0\u00bb, ne devait se rendre qu&rsquo;en 1255.<\/p>\n<p>En 1249, au d\u00e9c\u00e8s de Raimond VII, Alphonse de Poitiers, son gendre, fr\u00e8re cadet du roi Louis IX (Saint-Louis), devenait par succession Comte de Toulouse.<\/p>\n<p>Alphonse de Poitiers et son \u00e9pouse Jeanne de Toulouse d\u00e9c\u00e9daient sans descendance en 1271. Le comt\u00e9 de Toulouse revint aux mains des Cap\u00e9tiens et le Midi Languedocien perdit d\u00e9finitivement son ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette derni\u00e8re tentative de r\u00e9sistance languedocienne, la situation politique \u00e9tait d\u00e9finitivement r\u00e9gl\u00e9e en Languedoc, et ce en fait depuis le trait\u00e9 de Paris en 1229. Le catharisme par contre \u00e9tait toujours vivant. Insatisfaite de ses succ\u00e8s guerriers, l&rsquo;Eglise institua l&rsquo;Inquisition, une justice sainte. Son fonctionnement, ses pratiques allaient venir \u00e0 bout de ce que vingt ans de guerre n&rsquo;avaient pu d\u00e9raciner : la foi cathare.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #00ccff;\">5) L&rsquo;Inquisition des XIII\u00e8me et XIV\u00e8me si\u00e8cle<\/span><\/h3>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>D\u00e9finition<\/strong><\/span><br \/>\nCr\u00e9\u00e9e en 1199, l&rsquo;Inquisition proprement dite commen\u00e7a en 1231. C&rsquo;est une institution judiciaire (cr\u00e9\u00e9e par Gr\u00e9goire IX) pour rechercher, juger et condamner les personnes coupables d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie. Le r\u00f4le d&rsquo;inquisiteur n&rsquo;est plus tenu (comme au d\u00e9but du XII\u00e8me si\u00e8cle) par les \u00e9v\u00eaques jug\u00e9s peu z\u00e9l\u00e9s mais par les fr\u00e8res pr\u00eacheurs, dominicains et franciscains, plac\u00e9s directement sous la tutelle du pape.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Fonctionnement<\/strong><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_693\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/maisoninqui.jpg\" rel=\"attachment wp-att-693\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-693\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-693\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/maisoninqui-150x150.jpg\" alt=\"Toulouse - Maison de l'inquisition. (Photo Jean-Pierre Cheval)\" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-693\" class=\"wp-caption-text\">Toulouse &#8211; Maison de l&rsquo;inquisition. (Photo Jean-Pierre Cheval)<\/p><\/div>\n<p>La plupart du temps le tribunal poss\u00e9dait un si\u00e8ge fixe : la maison de l&rsquo;Inquisition. Chaque tribunal comprenait 2 inquisiteurs aid\u00e9s d&rsquo;assistants, de notaires, de la police et de conseillers. Les inquisiteurs touchaient une pension annuelle ou une partie des confiscations (le tiers en Italie)<br \/>\nIl arrivait aussi que les inquisiteurs s&rsquo;installent pendant quelques mois ou quelques semaines dans une localit\u00e9. Leur objectif \u00e9tait d&rsquo;\u00e9liminer le clerg\u00e9 cathare, Bonshommes et Bonnes Femmes. Pour d\u00e9truire les r\u00e9seaux de solidarit\u00e9 familiaux ou villageois, on eut recourt \u00e0 la d\u00e9lation syst\u00e9matis\u00e9e. Une partie des biens confisqu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;h\u00e9r\u00e9tique revenaient au d\u00e9lateur.<br \/>\nLes inquisiteurs n&rsquo;\u00e9taient pas tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s des populations.<br \/>\n&#8211; \u00a0\u00bb Il a \u00e9t\u00e9 souvent racont\u00e9 et l&rsquo;on r\u00e9p\u00e8te encore qu&rsquo;en 1233, \u00e0 Cordes, trois inquisiteurs furent pr\u00e9cipit\u00e9s dans le puits de 100 m\u00e8tres de profondeur creus\u00e9 sous la halle actuelle.<\/p>\n<div id=\"attachment_686\" style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/cordes-puits.jpg\" rel=\"attachment wp-att-686\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-686\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-thumbnail wp-image-686\" src=\"http:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-content\/uploads\/cordes-puits-150x150.jpg\" alt=\"Cordes, le puits o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dit on les 2 inquisiteurs. (Photo Martine Planes Corbiere) \" width=\"150\" height=\"150\"><\/a><p id=\"caption-attachment-686\" class=\"wp-caption-text\">Cordes, le puits o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dit on les 2 inquisiteurs. (Photo Martine Planes Corbiere)<\/p><\/div>\n<p>Suivant la l\u00e9gende, l&rsquo;insurrection marqu\u00e9e par ce triple meurtre aurait \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9 par l&rsquo;ex\u00e9cution d&rsquo;une personne des environs de Lagu\u00e9pie, de Sommard, suspecte ou convaincue d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie. Il est regrettable si l&rsquo;on tient aux l\u00e9gendes que celle-ci ne repose sur aucune donn\u00e9e s\u00e9rieuse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; A Albi, en 1234, \u00e9clate une r\u00e9volte contre 2 inquisiteurs venus de Toulouse. On leur reprochait des confiscations de biens, on redoutait l&rsquo;interdiction de l&rsquo;usure et surtout l&rsquo;exhumation des morts soup\u00e7onn\u00e9s d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 des fid\u00e8les du catharisme, l&rsquo;incin\u00e9ration de leurs restes et la dispersion des cendres.<\/p>\n<p>&#8211; A Toulouse en 1235 les consuls chass\u00e8rent l&rsquo;Inquisiteur Guilhem Arnaud. Ses agents furent arr\u00eat\u00e9s. Il fut interdit de vendre quoi que ce soit \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et aux Pr\u00eacheurs : L&rsquo;\u00e9v\u00eaque Raymond du Fauga, n&rsquo;ayant plus rien \u00e0 manger, dut s&rsquo;enfuir de Toulouse. Le 5 novembre 1235, les consuls, accompagn\u00e9s d&rsquo;une grande foule firent expulser les Fr\u00e8res, qui refus\u00e8rent de partir d&rsquo;eux m\u00eame. Il fallut les porter hors de la ville. Manifestation spectaculaire, mais tentative vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, Gr\u00e9goire IX intervint, et en mars 1236, les Fr\u00e8res rentrent dans Toulouse. L&rsquo;\u00e9preuve de force ayant tourn\u00e9 en sa faveur, les progr\u00e8s de l&rsquo;Inquisition allaient \u00eatre d\u00e9sormais rapides. Le d\u00e9part de l&rsquo;Inquisition, en 1575 pour les Jacobins, ne supprimera pas les mauvais souvenirs li\u00e9s \u00e0 ce lieu et les Toulousains continueront \u00e0 l&rsquo;appeler Maison de l&rsquo;Inquisition ou Logys de L&rsquo;inquisiteur de la Foy.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Pratiques et punitions<\/span><\/strong><br \/>\nEn 1252, est autoris\u00e9 l&rsquo;usage de la question (torture) sous condition qu&rsquo;elle ne mit pas en p\u00e9ril ni la vie, ni l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique des accus\u00e9s et qu&rsquo;il y eut commencement de preuve. Confi\u00e9e d&rsquo;abord au bras s\u00e9culier, elle passe en 1262 aux mains des inquisiteurs. Elle aurait \u00e9t\u00e9 peu appliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Les peines appliqu\u00e9es \u00e9taient de l&rsquo;ordre de :<br \/>\n&gt; peines temporaires (port de croix d&rsquo;infamie en feutre jaune, flagellation, p\u00e8lerinage) pour les fauteurs d&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie, simples croyants<br \/>\n&gt; prison \u00e0 vie (ou r\u00e9sidence surveill\u00e9e), bannissement pour les fugitifs, parjures , relaps .<br \/>\n&gt; peine de mort pour les irr\u00e9ductibles, par le feu (un corps r\u00e9duit en cendres ne ressuscitera pas)<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Les derniers cathares<\/strong><\/span><br \/>\nA la fin du 13\u00e8me si\u00e8cle apr\u00e8s 20 ans de guerre et 3 g\u00e9n\u00e9rations de \u00ab\u00a0lutte contre l&rsquo;h\u00e9r\u00e9tique\u00a0\u00bb, on pourrait croire que le catharisme est en train de mourir.<br \/>\n&#8211; Pourtant un ancien notaire du Comte de Foix et son fr\u00e8re, Guilhem et Peyre Authi\u00e9 iront recevoir le consolamentum en Lombardie. Pendant 10 ans, dans le comt\u00e9 de Foix, ils tenteront de ranimer une certaine ferveur cathare mais \u00e0 P\u00e2ques 1310, Peyre Authi\u00e9 et 17 croyants et croyantes seront br\u00fbl\u00e9s devant la cath\u00e9drale Saint-Etienne de Toulouse.<br \/>\n&#8211; On br\u00fble aussi en 1321 \u00e0 Villerouge-Termen\u00e8s un certain B\u00e9libaste. Il a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 en Espagne, pr\u00e8s de Valence \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une petite communaut\u00e9 cathare en exil. Avec B\u00e9libaste dispara\u00eet l&rsquo;\u00e9glise cathare occitane : apr\u00e8s sa mort et jusqu&rsquo;au milieu du XIVe si\u00e8cle, on ne br\u00fble que de simples croyants. Nul ne peut \u00e0 pr\u00e9sent donner le consolamentum. Ainsi disparut le catharisme occitan.<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re Eglise cathare subsistera en Bosnie. Ses membres se convertiront \u00e0 l&rsquo;Islam \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">IV Les cons\u00e9quences de la Croisade contre les Albigeois<\/span><\/h2>\n<p>Les cons\u00e9quences de la Croisade furent d&rsquo;ordre religieux et politique.<br \/>\n&#8211; L&rsquo;Eglise de Rome \u00e9tait venue \u00e0 bout de ce qui \u00e9tait pour elle une h\u00e9r\u00e9sie et elle avait r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;imposer aupr\u00e8s des rois et de l&#8217;empereur.<br \/>\n&#8211; Le Languedoc, \u00e0 partir de 1271 \u00e9tait rattach\u00e9 comme pr\u00e9vu au royaume de France.<br \/>\n&#8211; La n\u00e9cessit\u00e9 de reloger des populations ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;essor urbain et \u00e0 une volont\u00e9 de regrouper, pour des besoins de s\u00e9curit\u00e9, un habitat dispers\u00e9 contribua \u00e0 la multiplication de bastides dans le Midi languedocien. C&rsquo;\u00e9taient des villes ouvertes, sans fortifications, \u00e0 vocation \u00e9conomique et centr\u00e9es autour de la halle.<br \/>\n&#8211; Quant \u00e0 Albi, sa r\u00e9gion avait donn\u00e9 son nom \u00e0 la croisade mais pour montrer la force d&rsquo;une Eglise catholique victorieuse, son \u00e9v\u00eaque entreprit en 1277 le chantier d&rsquo;une nouvelle cath\u00e9drale.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">CONCLUSION<\/span><\/h2>\n<p>La trag\u00e9die cathare fut bien dans ses d\u00e9buts une croisade, une guerre sainte contre les h\u00e9r\u00e9tiques cathares. Elle d\u00e9g\u00e9n\u00e9ra en guerre de conqu\u00eate, mettant \u00e0 feu et \u00e0 sang le comt\u00e9 de Toulouse. Ce fut alors le duel du nord contre le sud, des pays d&rsquo;O\u00efl contre ceux de langue d&rsquo;Oc.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;historien Georges Bordenove, les pertes mat\u00e9rielles et surtout humaines sont difficiles \u00e0 \u00e9valuer : un million de vies humaines au moins, des populations enti\u00e8res ont parfois \u00e9t\u00e9 extermin\u00e9es. Cependant les Languedociens remirent en \u00e9tat les terres br\u00fbl\u00e9es, les villages d\u00e9truits et la prosp\u00e9rit\u00e9 revint.<\/p>\n<p>En 1420, pendant la guerre de Cent Ans, ils refus\u00e8rent d&rsquo;\u00eatre anglais et aid\u00e8rent Charles VII, \u00a0\u00bb le pauvre petit roi de Bourges \u00a0\u00bb \u00e0 sauver sa couronne.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00a0\u00bb Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on a \u00e9radiqu\u00e9 le catharisme que l&rsquo;Occitanie a cess\u00e9 d&rsquo;exister : elle est demeur\u00e9e un art, une fa\u00e7on de vivre qui repose sur 2000 ans d&rsquo;histoire \u00ab\u00a0<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA TRAGEDIE CATHARE GUERRE SAINTE OU GUERRE DE CONQUETE ? par Martine Planes Corbi\u00e8re &nbsp; Au XIII \u00e8me si\u00e8cle, le sud de la France et plus particuli\u00e8rement la zone d\u00e9limit\u00e9e par Foix, Toulouse, Albi et B\u00e9ziers fut l&rsquo;objet d&rsquo;une guerre&#8230;<br \/><a class=\"read-more-button\" href=\"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/les-cathares-le-pastel\/les-cathares\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1221,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-full-width-without-title.php","meta":{"ngg_post_thumbnail":0},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/97"}],"collection":[{"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/97\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1224,"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/97\/revisions\/1224"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1221"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jcp66.org\/jcp66-wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}